À la lisière de la nuit

17,00

Édition limitée
Récit, littérature générale
14 x 20,5 cm, broché, 112 pages
Parution : 1er juin 2022

ISBN : 978-2-492550-03-4
EAN : 9782492550034

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Description

À la lisière de la nuit – Petites excursions en pays d’insomnie, récit de Lise Benincà, illustré par Marie-Reine Portailler, rejoint la collection Entrelacement.

Le manuscrit d’À la lisière de la nuit avait tout l’air d’un essai dans sa manière de tisser autour d’un sujet (l’insomnie, la nuit, le sommeil) et d’user de citations, or il s’agit bien d’une œuvre de fiction. C’est d’ailleurs cette hybridité de genre qui a conquis le comité éditorial et rendu évidente sa place dans la collection Entrelacement qui donne voix aux genres entremêlés.

Extrait

L’homme allongé à vos côtés s’est mis à ronfler doucement. Vous le regardez avec une tendresse mêlée d’agacement. Il vous a laissée seule sur la grève, quand le navire de son corps partait voguer au gré des courants. Dans quels lieux, sous quels cieux se trouve-t-il à présent ? Tandis que vous scrutez ses paupières fermées sur un monde qui vous est étranger, un monde dont vous ignorez tout. Un monde vers lequel il navigue sans vous.

Si au moins vous pouviez vous volatiliser à votre tour. Vous éclipser de vous-même. Vous laisser happer par les songes. Fuir cet état de veille dont vous êtes prisonnière sans savoir pourquoi. L’accès vers le grand large vous est refusé. Vous piétinez sur la plage, le marchand de sable vous a ignorée. Au loin les bateaux glissent paisibles à la surface de l’eau, un seul passager à leur bord. Tous ces gens endormis dans l’immensité de la ville. Tous ces gens étendus sur leur lit comme sur un radeau tissé de visions. « Le lit est l’espace individuel par excellence, l’espace élémentaire du corps (le lit-monade), celui que même l’homme le plus criblé de dettes a le droit de conserver : les huissiers n’ont pas le pouvoir de saisir votre lit » écrit Georges Perec dans ce livre resté ouvert sur la table de chevet. Le lit, refuge où l’on s’installe pour s’abandonner au sommeil dans une confiance somme toute étonnante, lorsqu’on y pense. Le lit et ses oreillers ourlés de dentelle, ses draps blancs comme des voiles, ses couvertures de laine épaisse lorsque l’hiver frappe au carreau.

Lise Benincà, À la lisière de la nuit, éd. des Véliplanchistes, 2022, p. 11-12.

Argumentaire

Le texte de Lise Benincà est tout autant une œuvre de fiction qu’un essai littéraire, dans lequel on suit les déambulations nocturnes d’une narratrice qui ne parvient pas à trouver le sommeil. Au fil des pages, de nombreux auteurs, autrices et artistes sont évoqué·es, dans leur rapport à la nuit, à l’espace de la chambre ou à la quête des rêves.

On croise ainsi le petit Marcel d’À la recherche du temps perdu, les tableaux d’Edward Hopper et les expériences filmées d’Andy Warhol, L’Homme qui dort de Perec, Stevenson couchant à la belle étoile au cœur des Cévennes, ou l’étrange ambiance des nouvelles de Nerval et Maupassant. Entre autres.

À travers les réflexions de la narratrice sur son impuissance à s’endormir – et les marches nocturnes dans lesquelles elle entraîne les lecteurs et lectrices pour chercher une échappatoire –, c’est un parcours littéraire qui se dessine, accueillant les lectures comme autant de jalons au milieu de la nuit, et invitant à (re)découvrir quelques œuvres littéraires et artistiques par le prisme de la nuit.

Les illustrations de Marie-Reine Portailler, évocations sensibles d’un même univers, entrent en parfaite résonance avec le texte.

Presse

Culture livresque : « Si Lise Benincà nous initie à un univers peu connu : la ville au cœur de la nuit, souvent trop effrayant car il s’agit des « mauvaises heures », elle nous offre également le panorama d’un public insoupçonné : les artistes peintres qui préparent leurs graffitis, un homme promenant son chien, ceux qui se perdent dans leur écran, etc. Elle décrit également le paysage d’une forêt en pleine nuit, lieu le plus mystique et effrayant de tous, avec ses cris de chouettes, ses feuilles qui bruissent, ses branches qui craquent. »

Prop(r)ose magazine : « Le texte est fluide, l’histoire avance doucement, comme le temps qui passe. Chaque phrase donne le sentiment d’un ralenti, comme si le lecteur vivait la longue insomnie de la protagoniste. Pour autant, il n’y a jamais de stagnation. S’appuyant sur les citations de grands auteurs tels Maupassant, Proust ou bien encore Victor Hugo, elle propulse lentement le personnage, tout comme le lecteur, vers l’avant. »

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